La chambre des rêves, la galerie Maria Lund à DDessin

Pauline Lisowski

DDessin, cabinet de dessins contemporains, accueille pour la première fois la galerie Maria Lund. A partir de la chambre, lieu d’intimité, de réflexions, d’imaginaires, elle compose un accrochage poétique avec un cabinet des rêves. Elle réunit cinq artistes dont les dessins aux textures variées, entre abstraction et figuration, luminosité et obscurité, renvoient à des sensations, à des moments vécus.

Peter Martensen, Camp (26,5 x 34 cm) crayon sur papier, 2019

Les dessins de Peter Martensen montrent des scènes à la fois réelles et étranges. Ils présentent des moments poignants, où se révèlent une certaine angoisse. Que va-t-il arriver ? Que s’est-il produit ? Les œuvres de l’artiste danois à la fois nous troublent et nous renvoient à nos peurs. 

Lyndi Sales, Find light in the beautiful dark, 41x29cm, ink and gold pen and gold leaf on paper, 2018.

Cachés tels des secrets, les dessins colorés, ponctués de flèches dorées, de Lyndi Sales proposent à un cheminement, vers la construction de souvenirs. L’artiste qui a récemment bénéficié d’une exposition personnelle à la galerie, compose une géographie intérieure. Ses dessins, à l’encre, feutre d’or et feuille d’or sur papier, révèlent une cartographie sensible, où le cosmique rejoint l’onirique. 

Marlon Wobst, Soviel wie möglich ausziehen durch auf- und abhüpfen (42 x 30 cm) huile sur papier, 2019

Chez Marlon Wobst, le corps se fond dans des espaces aux couleurs pastel et sourdes. Entre apparition et disparition, ses huiles sur papier associent poésie et humour, « allers-venues entre matière et présence », comme le précise la galeriste. Les dessins de ce jeune artiste allemand montrent des situations instables, des êtres en action, qui surgissent de la matière.

Yoo Hye-Sook, Untitled, 2019, acrylique graphite sur toile, 33x41cm

Yoo Hye-Sook développe un travail sur la lumière. Ses dessins d’intérieurs évoquent une présence, possible surgissement d’apparitions fantomatiques. Dans un accrochage en constellation, ses œuvres de différents formats, à l’acrylique et graphite sur toile, invitent le spectateur à déplacer son regard pour découvrir la multitude de nuances de gris. Maria Lund précise d’ailleurs que l’artiste « dessine l’insaisissable » et convie à un « éveil des sens ». L’atmosphère de ses dessins fait écho au processus d’apparition d’images.

Yoon Ji-Eun, Présent 86,5x74 cm 2018 crayon, crayons de couleur, acrylique, sculpture sur bois

Yoon Ji-Eun combine plusieurs espace-temps dans ses dessins, un univers du quotidien et des éléments, références à la mythologie grecque. En sculptant la matière bois, elle fait surgir tel un archéologue des formes, des paysages enfouis. Ses œuvres nous plongent alors dans des univers flottants, instables, qui convoquent une sensation de bascule. 

L’artiste remporte cette année le prix DDESSIN. Le jury indépendant du 7e prix DDESSINPARIS, présidé par Ronan Grossiat, consultant en management et collectionneur ; constitué de Giulia Andreani, artiste peintre ; Boris Bergman, écrivain ; Chris Cyrille, journaliste et curateur ; Yvon Lambert, collectionneur, éditeur et ancien galeriste ; Magali Lesauvage, journaliste et critique d’art ; Marie-Ange Moulonguet, collectionneuse ; Marisol Rodriguez, écrivaine, éditrice et curatrice ; Colette Tornier, collectionneuse, a révélé lors de l’ouverture du salon, le nom du lauréat 2019. 

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