Angèle Guerre

Aurore Gauthier

De paysages vus en paysages imaginés, je tends à reproduire un espace de rien, ou alors le début d’un monde qui ne connaît personne

Angèle Guerre est une artiste plasticienne née en 1988 à Paris. Après une licence d’Histoire de l’Art et des études à l’Ecole Nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, elle développe sa technique du dessin très figuratif à l’encre. C’est grâce à la connaissance de cette technique qu’elle décide de passer outre et impose ses propres règles.

Des paysages imaginaires

L’organique et les minéraux la fascinent : ils font parties intégrantes de ses sources d’inspiration. Elle observe beaucoup les paysages autour d’elle et s’en nourrit. Sous l’action de ses outils – feutre, encre, scalpel – , l’artiste reproduit fidèlement la sensation que provoquent les matières naturelles, telle que la roche. 

Sous son trait, des paysages imaginaires se dessinent. Elle s’éloigne de la tradition : il n’y a plus de ligne d’horizon ou de perspective animée par les arbres et les montagnes. Elle préfère représenter les phénomènes naturels et les forces de la nature à travers le relief. Les éléments se rencontrent avec des jeux de textures : la partie lisse du support se heurte aux reliefs de la matière.

©Angèle Guerre, Miroir, 2015-2016.
©Angèle Guerre, Miroir, 2015-2016.
Une variété de supports

L’artiste questionne la matérialité-même du support. De la simple feuille de papier en allant vers du plexiglas ou un miroir, elle s’inspire des techniques utilisées par les graveurs sculptant, rayant ou gribouillant la plaque pour donner vie à ces paysages. Elle retire la matière, couche par couche, pour créer du relief. Ces variations rythment le regard du spectateur.

Angèle Guerre n’hésite pas à utiliser les nouvelles technologies, renforçant ses recherches plastiques. Elle utilise par exemple l’estampe numérique : l’œuvre est dessinée sur ordinateur. “Certains [dessins] sont numérisés, réimprimés ou décalqués sur de nouveaux supports” (Angèle Guerre)

Une multitude de sensations : le calme après la tempête

Le blanc a une place importante : sa stabilité provoque une certaine respiration visuelle. Cette couleur laisse le pouvoir d’imaginer ce qu’il peut se passer sur cette surface calme et tranquille.

L’artiste fait également appel à nos sens : le relief de la matière rappelle le toucher ; les plissements sont vécus comme des ondes sonores ; les différentes matières entre le miroir et l’étain amusent le regard.

Angèle Guerre travaille avec lenteur et précision ; nous tombons alors dans un état de méditation et de sérénité à la vue de ses œuvres. 

©Angèle Guerre, Tendre Texte #1.

Angèle Guerre nous invite à la rêverie : notre regard se perd dans ses paysages imaginaires, pourtant si proches du réel en sensation et en inspiration. 

©Angèle Guerre, . Le juste milieu, détail 2018
Leave a reply