Iris Gallarotti : le dessin par croissance de lignes et de formes

Pauline Lisowski

Artiste plasticienne, Iris Gallarotti est représentée par la galerie Alexandre Mottier à Genève. Ses dessins convoquent la mémoire et l’apparition des souvenirs qui remontent à la surface. Ils font surgir de multiples images qui invitent au rêve et à la possibilité d’une union entre différents êtres vivants. Les liens, par ces lignes et formes organiques, renvoient au développement, à la croissance, de l’infiniment petit à l’infiniment grand.

©Iris Gallarotti, Purple Veins (détail), crayons de couleur sur papier Fabriano, 150x170 cm, 2018.

«Je dessine des paysages organiques dans lesquels se tissent des formes végétales, animales, humaines, afin de retranscrire la cohésion et la complexité du vivant. » affirme l’artiste. Sa technique de dessin s’apparente à celles du collage et du tissage, du « dessin dans le dessin ». Lignes et formes se tissent, se rencontrent, se tendent pour constituer un organisme hybride.

Ceux de la série Purple Veins, au crayon de couleur, présentent des nœuds et des lignes qui se concentrent et se déploient. Des connexions se créent, se défont, et une impression de flux se révèle. Ces dessins incarnent un corps qui appelle au déplacement et au mouvement, écho à celui de l’artiste face à sa grande feuille de papier. Ils suggèrent des réseaux, des lianes et des racines, une cartographie mentale, un processus de réminiscence des souvenirs. 

Dans sa série des Surpiques, d’une image d’un corps naît une forme à partir de laquelle elle dessine des lignes et des figures nouvelles. La lumière et la couleur dévoilent d’autres éléments organiques et un être chimérique apparaît alors. L’image dessinée sort alors du cadre pour se déployer et s’étendre au-delà, comme pour recoudre ensemble deux mondes. Les formes et les lignes, ici, tendues, se réconcilient pour recomposer une figure. 

Par son travail, Iris Gallarotti révèle le processus de morphogenèse. Les organismes, les tissus, les organes donnent naissance à d’autres, à l’infini.

© Iris Gallarotti, L’encre noire de mes nuits blanches (Physarum Polycephalum), Eau forte impression relief, 32x42 cm, 2017
©Iris Gallarotti, Surpiques (corps #1 état 2) dessin à l’encre sur tirage digigraphique, 30x40 cm, 2019
Exposition collective « Expressions imprimées » Galerie Alexandre Mottier, Genève, jusqu’au 18 avril 2019.

A venir :
Dessin Performatif, le 17 mai à « Le Télégraphe » Toulon dans le cadre de l’événement Mi&You (Art, Danse, Musique)

Exposition Art & Sciences « Algae Imaginarium », Nantes du 29 juin au 10 juillet 2019 dans le cadre du Salon de la mer XXL. Commissariat artistique : Camille Prunet (Dr esthétique et sciences de l’art)

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