Entretien avec Sandrine Cuzzucoli

Sylvain Bernière

À mi-chemin entre érotisme et inspiration sacrée, métamorphose visuelle et langage poétique, Sandrine Cuzzucoli semble s’affranchir de toute frontière, en imperturbable. Ses dessins, clairs et éthérés, l’ont peu à peu révélé auprès d’un public averti, lui permettant même de gagner le prix Art’nBox pour l’année 2018. Rencontre avec cette attachante dessinatrice, dont les subtils mélanges artistiques nous transcendent…

©Sandrine Cuzzucoli

Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours, et de ce qui vous a conduit à vous consacrer au dessin ?

Je suis marseillaise d’origine. Après une scolarité à Aix en Provence j’ai eu l’opportunité d’aller étudier les beaux arts en Italie. Déjà toute petite je dessinais beaucoup, mais c’est mon arrivée à Florence qui a accentué cette passion. J’ai passé beaucoup de temps dans les riches mussées de cette ville, et la renaissance italienne a été une véritable révélation pour moi. Cela m’a donné envie de me consacrer plus encore au dessin.

Sur quel genre de support travaillez-vous ? Et qu’utilisez-vous pour dessiner ?

Pour les supports j’utilise du papier blanc classique, ainsi que des papiers calques que je superpose. En ce qui concerne mes outils de dessin à proprement parler, j’utilise essentiellement le fusain, des crayons de couleurs ainsi que des pastels à l’huile. Je dispose donc d’un large éventail d’outils pour façonner mes œuvres.

Où puisez-vous votre inspiration ? Qu’elles ont été les influences qui vous ont permis d’étoffer votre style ?

Comme je l’ai dit précédemment, la renaissance italienne a été un élément déclencheur de mon activité artistique. Cependant, il me faut préciser que pour moi le dessin reste un travail solitaire et fortement ludique. L’une de mes autres activités et de beaucoup écrire, et cela a toujours favorisé mon goût pour l’introspection et la création. Lorsque je me retrouve devant une feuille blanche je vogue souvent vers l’inconnu, je me laisse porter par l’intrigue.

La métamorphose, quelle soit humaine ou animale, m’intéresse beaucoup, ainsi que le sacré, ou l’érotisme. Etant une grande lectrice de poésie, le langage tient également une large place dans mon travail de dessinatrice. Mes influences sont souvent antonymiques, mais il n’existe aucune incohérence entre elles.

©Sandrine Cuzzucoli

En quoi se résume votre activité artistique aujourd’hui ? Arrivez-vous à en vivre ?

Hélas non, je ne peux pas encore en vivre à l’heure actuelle. J’ai pu exposer à Rome en 2016, ainsi que dans diverses galeries de Milan. Puis en 2018 j’ai eu l’opportunité d’apparaître dans la galerie parisienne de La Ralentie, où un prix Art’nBox me fût décerné.

Je dessine souvent tôt le matin, où dans la nuit, lorsque j’ai le temps. Concilier l’art avec la vie de tous les jours est parfois difficile. J’aimerais vraiment passer à la vitesse supérieure et me consacrer beaucoup plus à mes créations artistiques.

©Sandrine Cuzzucoli
©Sandrine Cuzzucoli
©Sandrine Cuzzucoli

Quels sont vos projets artistiques pour l’avenir ?

Au-delà de me consacrer plus largement à mes dessins, je souhaite me tourner vers de plus grands formats de création, et vers un développement plus poussé des figures narratives, en réadaptant certaines œuvres de grands maîtres par exemple, comme Le Jugement Dernier de Fra Angelico. Pour le reste, le hasard restera mon principal fil conducteur.

J’aimerais multiplier les expositions de mes œuvres aussi, et avoir plus de visibilité afin de pouvoir échanger d’avantage avec le public. Le partage des émotions est l’un de mes principaux leitmotivs. Cela reste un moment souvent magique pour moi.

©Sandrine Cuzzucoli
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