TROISIÈME ÉDITION DE LA FOIRE AKAA : LA PHOTOGRAPHIE A L’HONNEUR !

Dieudonné ALLEY

Du 9 au 11 novembre 2018, la foire d’art contemporain et du design, dédiée à l’Afrique, AKAA, se tiendra au Carreau du Temple.  

Cette foire, née dans la dynamique du grand engouement pour l’art contemporain africain, présente des artistes revendiquant un lien avec l’Afrique, quelque soit leur médium. 

Elle accueille cette année 49 exposants venus de 15 pays.

Victoria Mann Directrice de la foire et son équipe honorent la photographie africaine à l’occasion cette troisième édition. 37 photographes venus des Antilles, des Etats Unis, d’Afrique et d’Europe présenteront leurs œuvres. Parmi les 45 galeries attendues, 27 présentent les œuvres de ces artistes.  La volonté de mettre en lumière la photographie, lors de cette édition, ne fait ainsi aucun doute.

Joana Choumali, Alexis Peskine, Nicola Lo Calzo et Susana Pilar font partie de ces photographes.

Joana Choumali, l’espoir de la photographie africaine.

Pour cette ivoirienne de 44 ans, la foire AKAA, n’a plus aucun secret. Présente depuis 2016 à ce rendez-vous, ses œuvres sont à découvrir sur le stand de Loft Art Gallery. On lui doit notamment le projet Hââbrê, dernière génération, consacrée à la scarification rituelle en Afrique. Cette pratique étant aujourd’hui rare, les clichés de Joana deviennent les témoins d’une époque dont certains revendiquent la fierté ou le rejet.

Son œuvre, Bloom where you planted- ALBAHIAN est en lice pour le Prix ONOMO pour la photographie de la foire AKAA. Nous saurons le 8 novembre si elle convainc mieux le jury que ses concurrents Fatoumata Diabate et Steeve Bauras. 

Bloom where you planted- ALBAHIAN 2018, mixed media, broderie et collage manuel sur impression photo numérique sur toile de coton, broderie sur mousseline et tulle au fil de coton et cuivre, 50x50cm, Joana Choumali- courtesy Loft Art Gallery
Alexis Peskine, un métis à la quête de son identité.
Aljana Moons, 2015, C-print on hahnemuhle 308gsm paper, © Alexis Peskine-Courtesy October Gallery

Né à Paris en 1979 d’un père franco-russe de confession juive et d’une mère afro-brésilienne, le plasticien Alexis Peskine a grandi au carrefour des dialogues inter-culturels. La cause des Noirs est omniprésente dans ses œuvres. Ses études aux Etats Unis et ses fréquents séjours au Sénégal, où il a participé en 2016 à la biennale de Dakar, n’ont fait que renforcer cette obsession. Il engage ses œuvres pour l’identité noire en les imprégnant d’une remarquable dose d’humanisme.

Ces photos sont à découvrir sur le stand d’October Gallery.

Egoun, fête nationale du Vodoun, plage de Grand-popo, Bénin. Séries Tchamba-Cham, 2017, Tirage Fine Art sur papier baryté Hahnemuhle, ©Nicola Lo Calzo- Courtesy Nicola Lo Calzo, L'agence à Paris et Galerie Dominique Fiat
Nicola Lo Calzo, l’italien qui explore les questions identitaires post-coloniales.

Contrairement à Alexis Peskine, Nicola Lo Calzo, n’est ni un artiste noir, ni un artiste issu du métissage. Photographe italien, né à Turin en 1979, il vit et travaille en France. Il a eu l’encourageante idée de parcourir plusieurs pays (Bénin, Ghana, Sénégal, Haïti, Guadeloupe, Martinique, Etats-Unis, Guyane Française, Suriname etc.) pour révéler les vestiges du colonialisme et les pratiques identitaires qui en ont résulté. Son travail, mêlant pratique journalistique et artistique, interroge la représentation, la résilience, la ré-appropriation et la disparition  de ses mémoires et pratiques.

Ses photographies sont exposées pendant la foire, au stand de la galerie Dominique Fiat.

Susana Pilar, le trait d’union entre l’Afrique, l’Asie et l’Amérique.

La Galerie Continua est le mécène du projet monumental de l’artiste cubaine Susana Pilar lors de cette édition du AKAA. Cette dernière propose une immersion du visiteur dans sa quête de souvenirs à travers les albums photos de sa famille aux origines sino- africaines. Elle offre une exploration de sa généalogie notamment les personnages féminins qui la compose. Elle fait des visiteurs, les témoins de son histoire. Sept caissons lumineux serviront de réceptacles aux portraits, en noir et blanc, de toutes ses ancêtres femmes, de son arrière-grand-mère à ses sœurs en passant par sa grand-mère, sa mère et ses tantes.

Les travaux de ces artistes permettent de prédire un avenir radieux pour la photographie artistique ayant trait à l’Afrique. Des choix intéressants effectués pour le parcours AKAA de cette année. 

Il faut espérer de cette nouvelle génération de photographes puisse influencer substantiellement les prochaines histoires de la photographie artistique.

Susana Pilar - Courtesy Galleria Continua/ San Gimignano/ Beijing/ Les moulins/ Habana
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